Nikon_1_V 1_featured

Test de l’appareil photo hybride Nikon 1 V1

S’il est un appareil photo hybride dont on a parlé ces derniers temps c’est bien le Nikon 1 V1 (en compagnie de son petit frère le Nikon 1 J1). Entre les rumeurs entretenues plusieurs mois avant sa sortie, les confirmations de la société japonaise sur son développement, puis les supputations et divulgations de ses caractéristiques, cela fait plus d’un an que l’appareil hybride de Nikon agite le monde de la photo ! J’ai eu l’appareil en main pendant quelques jours avec son objectif 10-30mm f/3.5-5.6 et je vais tenter de vous livrer mes impressions sur le premier modèle hybride de Nikon.

Comme d’habitude avant de rentrer dans le vif du sujet avec la présentation de l’appareil et ses diverses fonctionnalités, quelques petites précisions s’imposent :

  • Je vous propose ici un test de prise en main et mes impressions à l’issue de ce test, il ne s’agit pas d’un test « technique » ni « scientifique », test que vous trouverez par ailleurs sans problème sur le web.
  • Je n’ai eu l’appareil qu’une petite semaine ce qui est sans doute trop court pour faire le tour complet de l’appareil et des différentes situations d’utilisation. J’ai essayé de faire au mieux pour explorer les fonctionnalités offertes par le Nikon V1, mais il se peut que certains points qui vous intéressent ne soient pas traités dans cet article. N’hésitez pas à poser vos questions en commentaire, et j’y répondrai dans la mesure du possible ;-)
  • Enfin, je remercie sincèrement Nikon pour ce prêt mais sachez que je ne suis en aucun cas lié à cette marque d’une façon ou d’une autre, et je vous livre ici mes impressions de façon totalement libre.

Voilà ça c’est fait, passons au test !

Présentation de l’appareil photo hybride Nikon 1 V1

Le positionnement de l’appareil

Vous le savez si vous fréquentez le blog de façon régulière, ou si vous avez déjà eu l’occasion de lire un de mes précédents tests des Panasonic GF2 ou G3, j’aime bien replacer les choses dans leur contexte avant d’entamer le test à proprement parler. Et notamment essayer de définir à qui s’adresse l’appareil que je teste, ce qui permet de « juger » en fonction de ce que sont en droit d’attendre les utilisateurs à qui il s’adresse.

J’ai déjà écrit plus ou moins ce que je pensais du positionnement du Nikon V1 dans mon article de première prise en main. Je vais donc essayer de ne pas (trop) me paraphraser !

Si je reprends le discours officiel de la marque, les Nikon J1 et V1 s’adressent tous les deux « aux déçus du compact, qui considèrent que le compact ne va pas assez vite et qu’a contrario, le reflex est à la fois trop gros et trop compliqué » (Benoît de Dieuleveult – Déclic Photo, novembre 2011). La gamme Nikon 1 vise ainsi à séduire les possesseurs de compact qui recherchent une meilleure qualité d’image et un appareil plus rapide. La cible est donc plus les amateurs que les experts.

En ce sens le Nikon J1 au vu de ses caractéristiques et de son positionnement prix me semble parfaitement coller à ce discours. Le Nikon V1 positionné à 799€ apparaît un peu plus en décalage avec cette cible pour qui l’investissement peut paraître trop important. Investir ce prix dans un appareil photo (quasiment le double des compacts les plus chers, et même plus cher qu’un reflex Canon 600D ou un Nikon D5100) implique à mon sens un attrait pour la photo / la vidéo au-delà de la simple recherche d’une meilleure qualité qu’avec un compact.

Et même s’il en propose plus en termes d’équipement que le J1, et notamment l’EVF intégré, l’écran 921 000 points, ou une meilleure autonomie (avec la batterie du D7000), je ne suis pas sûr que ces arguments parlent suffisamment aux utilisateurs visés par Nikon pour les pousser à invertir les 250€ de plus par rapport au J1.

Du coup, le Nikon V1 devrait pour moi s’adresser à un public plutôt expert qui profitera pleinement des avantages précédemment cités.

Bref, le positionnement du produit me semble un peu ambigu, coincé entre un discours officiel le destinant à un public venant du compact et un niveau de prix et d’équipement qui semble le destiner davantage à un public expert.

Nul doute que la position d’acteur majeur du marché reflex, et les bonnes performances de ses modèles entrée et moyen de gamme, ont poussé Nikon à ce positionnement, afin d’éviter un effet de cannibalisation de ses ventes de reflex.

Les caractéristiques techniques du Nikon 1 V1

Pour retrouver toutes les caractéristiques techniques du Nikon V1 vous pouvez consulter le site dédié de Nikon, ou bien télécharger la brochure de la gamme Nikon 1 (uniquement disponible en anglais pour le moment). Je vais donc simplement revenir sur les caractéristiques majeures du V1.

La caractéristique principale est bien entendu le nouveau capteur CX de 10,1 Mpx, de type CMOS et de dimensions 13,2 x 8,8mm. Cette taille positionne le capteur entre un capteur de compact expert et le format micro 4/3 de Panasonic et Olympus. Ceci induit également l’introduction d’une nouvelle monture : la monture … CX ! Et donc une nouvelle gamme d’objectifs dédiés a été conçue pour cette gamme hybride. Pour ma part j’ai testé le V1 avec le zoom 10-30 mm f/3.5-5.6 qui constitue le kit de base.

Deuxième point important sur les caractéristiques, l’implantation dans ce boîtier hybride d’un nouveau processeur EXPEED 3 capable de gérer 600 millions de pixel par seconde. Bon le chiffre en lui-même est impressionnant mais au-delà de ça, ça signifie qu’a priori le Nikon V1 est capable de traiter une très grande quantité d’informations très rapidement, ouvrant la voie à des modes novateurs de prise de vue, comme nous le verrons par la suite.

Troisième caractéristique majeure, l’autofocus se fonde d’une part sur un système à détection de contraste (sur 135 points) classique dans le monde hybride, mais aussi d’autre part sur un système de détection de phase (sur 73 points), habituellement l’apanage des reflex. Le Nikon V1 détermine de lui-même quel mode AF choisir en fonction de la situation et de votre prise de vue. Ce système AF est également disponible en mode vidéo.

Le Nikon V1 propose aussi une caractéristique originale et qui pourra être utile aux amateurs de discrétion : le choix entre un obturateur mécanique (qui produira un petit clic au déclenchement) et un obturateur électronique (lui totalement silencieux).

Enfin, au niveau de la visée, le Nikon V1 intègre un écran fixe ACL TFT de 3 pouces (7,5cm) de 921 000 points, mais également et surtout un viseur électronique intégré de 1,44 Mpx avec correcteur dioptrique.

A noter que le Nikon V1 a contrario du J1 ne propose pas de flash intégré, mais uniquement un flash externe en option qui vient se fixer sur la griffe accessoire du V1. Soyons clair tout de suite : je n’ai pas eu la chance de me voir prêter ce flash pour le test, je n’en dirai donc rien dans la suite !

Fonctionnalités du Nikon 1 V1

Comme pour les caractéristiques, toutes les fonctionnalités sont décrites soit sur le site dédié au Nikon 1 soit dans la brochure de présentation.

Je ne vais donc revenir que sur les fonctionnalités phares mises en avant par Nikon sur son appareil hybride, et exploitant la rapidité de traitement du nouveau processeur EXPEED 3.

  • L’instant animé : il s’agit là d’une fonctionnalité qui est censée remettre la photo dans son contexte. Pour ce faire l’appareil enregistre simultanément 1s de vidéo avec la photo (0,6s avant la prise de vue, lorsque le déclencheur est à moitié pressé, et 0,4s après le déclenchement). Le tout est ralenti pour donner un fichier vidéo de 2,5s intégrant une vidéo au ralenti, un fondu au noir et la photo réalisée. Cet instant animé est accompagné d’une musique à choisir parmi les quatre proposées par l’appareil dans les réglages de ce mode. A noter : la vidéo ainsi créée est au format .MOV en 1080p24, et la photo au format 16/9 à 8,3Mpx.
  • Le sélecteur de photo optimisé : dans ce mode l’appareil va enregistrer 20 photos en rafale en commençant avant même le déclenchement, i.e. dès la pression à mi-course du déclencheur. Il sélectionne et conserve ensuite uniquement les 5 meilleures, et vous propose celle qu’il estime être «la» meilleure (en fonction de la netteté, l’exposition etc…).

Pour le reste, le Nikon V1 propose un mode sélecteur de scène, mais qui correspond plus à un mode intelligent dans la mesure où il n’est pas possible de sélectionner un mode scène précis ! Les modes PASM sont bien entendus présents même si, et nous y reviendrons, ils ne sont accessibles que par le biais des menus de l’appareil et pas par la molette de sélection des modes.

Du côté de la vidéo, le Nikon V1 enregistre au format H.264/MPEG-4 AVC encapsulé dans un .MOV. On trouve plusieurs modes de prise de vue :

  • Un mode full HD 1080i60
  • Un mode full HD 1080p30
  • Un mode HD 720p60
  • Et deux modes ralentis : un premier mode à 400fps au format 640×240, et un second mode 1200fps au format 320×120

J’avais déjà exprimé ma surprise dans mon article de prise en main sur ces modes plus adaptés au format NTSC qu’à nos régions PAL. J’évoquais notamment le problème de scintillement éventuel en éclairage artificiel. Après prise en main, il existe une option dans le menu vidéo du V1 de réduction du scintillement (au choix 50Hz ou 60Hz) et je n’ai du coup pas noté de problème particulier à ce niveau.

Grosse bonne surprise en revanche : tous les réglages manuels sont disponibles en mode vidéo (ouverture, vitesse, ISO) ! Je ne l’avais pas noté lors de ma première prise en main, j’ai donc été agréablement surpris sur ce point.

Je reviendrai plus en détails sur ces modes vidéo et notamment les modes ralentis dans la partie dédiée à la vidéo dans la suite du test.

Le Nikon 1 V1 en images

Après tout ce texte, il est temps de passer aux images !

  • Le Nikon V1 de face :

De face, la sobriété est de mise. Le seul bouton présent est celui permettant de changer d’objectif. On note la présence d’un très léger grip sur la droite de l’appareil, qui sinon est parfaitement lisse de ce côté. Le micro stéréo est visible au-dessus de l’objectif.

  • Le Nikon V1 de dos et du dessus :

Au dos de l’appareil sont regroupés les principaux boutons de réglages de l’appareil :

  • On retrouve en premier lieu le viseur électronique avec un capteur sur sa gauche qui permet de réaliser automatiquement la bascule de l’affichage entre l’écran et le viseur quand vous portez l’appareil à l’œil, et à sa droite le correcteur dioptrique
  • En haut à droite de l’appareil se trouve le bouton F dont la fonction varie selon le mode sélectionné (choix de l’obturateur mécanique ou électronique en mode photo, choix de la vidéo HD ou ralentie en mode vidéo par exemple). Malheureusement cette touche n’est pas personnalisable.
  • Juste à côté se trouve la touche de zoom dans l’image en mode visualisation. Ce bouton permet également de définir certains réglages en mode prise de vue (réglage de l’ouverture en mode A, de la vitesse en mode S ou vidéo, etc …)
  • La molette de sélection des modes : instant animé, sélecteur optimisé, mode scène (équivalent en réalité à un mode auto intelligent) et mode vidéo. Pas de modes PASM accessibles via cette molette nonobstant la place largement disponible …
  • Puis en dessous se trouve la molette de réglage / raccourcis / navigation dans les menus. Elle est dotée de 4 raccourcis : AF/AE lock en haut (blocage de l’exposition et /ou de la mise au point), retardateur à gauche, mode AF en bas et correcteur d’exposition à droite.
  • Cette molette est entourée de 4 autres boutons permettant d’accéder au mode visualisation, aux menus de l’appareil, de changer le mode de visualisation à l’écran (informations affichées) et de supprimer les photos ou vidéos.

Sur le dessus de l’appareil on retrouve de gauche à droite :

  • La griffe porte accessoire
  • Le bouton de mise en marche / arrêt
  • Le déclencheur photo
  • Le déclencheur vidéo
  • Le Nikon V1 de côté :

Rien à signaler sur la tranche droite de l’appareil. Sur la gauche on trouve les prises HDMI, AV et micro (pour adjoindre au Nikon V1 un micro externe).

A noter tout de même comme on le voit sur la photo de droite, il y a sur l’objectif un bouton permettant de « débloquer » l’objectif 10-30mm et permettre ainsi son déploiement. Le fait de déployer l’objectif entraîne directement la mise en marche de l’appareil si celui-ci était éteint. Très pratique !

  • Le Nikon V1 vu du dessous et de face sans objectif :

Sous l’appareil, on trouve le logement pour la batterie et la carte mémoire. Précision au passage, la batterie est la même que celle du Nikon D7000, gage a priori d’autonomie. De plus les possesseurs de D7000 pourront être sensibles à ce point.

  • Le Nikon V1 avec objectif 10-30mm déployé :

Pour finir cette série d’images de présentation, deux photos avec le zoom 10-30mm déployé pour vos donner une idée de l’encombrement général en action !

Et pour finir pour de vrai, j’ai placé côte à côte le Nikon V1 et le Panasonic GH2, même si on ne joue pas du tout dans la même cour niveau design, encombrement, ni cible d’utilisateur.

Ergonomie générale et prise en main

Tout d’abord, revenons sur la taille du Nikon V1, sa compacité étant assez souvent mise en avant dans le discours Nikon notamment pour expliquer le choix du petit capteur.

Le boîtier en lui-même n’est pas tellement plus compact que d’autres appareils hybrides, par exemple l’Olympus E-PL3 (voir la photo dans l’article de première prise en main), ou les Sony NEX. Il est même de taille assez similaire voire légèrement plus large. Alors certes il faut noter que le V1 intègre lui un viseur électronique en plus dans ce boîtier, il pourrait donc peut-être être rapproché d’un Panasonic G3 pour comparer des choses plus comparables. Mais notons aussi qu’il ne possède pas de flash intégré ! Il faut venir lui greffer le flash externe qui semble assez encombrant (je n’ai pas eu l’occasion de le tester comme signalé plus haut).

Là où la différence se fait c’est en effet au niveau des optiques en particulier par rapport à la série des NEX, les optiques CX étant véritablement plus petites et légères que les NEX. En revanche le gain est me semble-t-il beaucoup plus limité par rapport aux objectifs micro 4/3. Sans parler du nouveau 14-42mm X de Panasonic qui apporte un véritable gain en compacité pour un zoom !

Bref, l’argument de la compacité du Nikon V1 est mis à mal par une comparaison réelle avec les appareils hybrides existants. Et comme de toute façon à l’instar de ces derniers, il ne rentrera dans aucune poche de jean ou pantalon, le débat est un peu vain… Disons pour terminer sur ce point qu’il est « aussi » compact que d’autres mais par véritablement « plus » compact.

Le Nikon 1 V1 donne une bonne impression de solidité lors de sa prise en main. La finition est de bonne facture, en particulier la face avant en métal de la version noir mat que j’ai pu tester.

Sa prise en main m’a semblé bonne même s’il est au final assez lisse et ne présente pas de poignée nette, ni de renfoncement permettant de bien assurer sa prise en main. J’y ai ajouté une poignée pour mon utilisation courante et dans cette configuration je n’ai rencontré aucun problème.

Au niveau de l’ergonomie générale, le boîtier en main, les commandes m’ont semblé bien accessibles dans l’ensemble !

L’écran est très bien défini, clair et lisible. On peut y afficher ou en enlever un certain nombre d’informations. Et, viseur électronique oblige, on retrouve ces modes d’affichages dans le viseur.

Le viseur électronique est de très bonne facture. Sans doute pas encore au niveau pour convaincre les allergiques à la visée électronique, mais personnellement je l’ai trouvé très agréable et parfaitement au niveau de celui du Panasonic GH2 par exemple. Le switch automatique entre écran et viseur est toujours aussi appréciable, et la correction dioptrique assure un réglage précis quelle que soit votre vision.

Si je devais mettre l’accent sur les manques ergonomiques que j’ai constatés pour mon utilisation :

  • Les modes PASM ne sont pas accessibles sur la molette de sélection des modes et il faut plonger dans le menu pour y accéder. Incompréhensible d’autant qu’il y a largement de la place sur cette molette ! Même si le V1 se veut sur un positionnement grand public, je ne pense pas que la présence de ces modes ait été un frein à son adoption par cette clientèle. Et il lui aurait offert un plus ergonomique indispensable pour des utilisateurs plus experts.
  • Aucune touche personnalisable… Pas moyen donc d’ajouter un raccourci vers une fonction type ISO par exemple ou autre. La touche F dont la fonction change selon le mode utilisé aurait éventuellement pu assurer ce rôle.
  • Evidemment l’absence d’écran orientable pour la vidéo notamment.
  • Et la roue codeuse arrière tourne un peu trop facilement à mon goût, perturbant parfois la précision des réglages ou la navigation dans les menus.

Sinon dans l’ensemble le Nikon V1 est plutôt agréable à prendre en main et à utiliser.

Niveau autonomie, la batterie identique à celle du D7000 assure une longévité assez appréciable pour un hybride ! Je n’ai pas fait de test précis, mais j’ai eu l’occasion de l’utiliser sur une journée complète de façon intensive avec essentiellement de la vidéo et la barre de batterie affichait encore 2/3 d’autonomie en fin d’après-midi. Donc point très positif sur ce plan.

Pour finir cette partie de présentation du Nikon V1, je vous propose un petit diaporama photo des menus de l’appareil :

Le Nikon 1 V1 côté photo

Après cette présentation de l’appareil, passons à son utilisation photo. Et plutôt que de long discours je vous propose une série d’exemples de photos. Ce sont des JPEG issus directement de l’appareil, sans retouche, et prises en mode d’image standard, et en désactivant les différentes fonctions type D-lighting, réduction du bruit ou autre. Cliquez sur les vignettes pour accéder au fichier pleine taille.

Je vous laisse vous faire votre propre opinion. Personnellement, je trouve les résultats satisfaisants notamment en termes de netteté dans la plupart des cas présentés.

Comme je le précisais, toutes les images ci-dessus ont été prises en mode d’image « Standard ». Le Nikon V1 à l’instar des autres appareils Nikon propose en effet la possibilité de paramétrer assez finement le rendu de vos photos. Plusieurs paramètres prédéfinis sont disponibles (les « picture style ») mais vous pouvez également paramétrer le niveau de saturation, contraste, … selon vos propres goûts.

Voici un exemple d’une scène photographiée selon les styles prédéfinis, la dernière photo étant prise avec des paramètres perso ajustés pour obtenir une image très neutre (j’ai en fait utilisé ce réglage pour la vidéo !).

Standard                                                                 Neutre

Vivid                                                                   Monochrome

Portrait                                                                       Paysage

Neutre personnalisé

Autofocus du Nikon 1 V1

Largement mis en avant dans le discours de Nikon et lors de la présentation de l’appareil, l’autofocus du Nikon V1 m’a paru en effet très rapide en conditions normales de luminosité, mais la différence avec d’autres appareils que j’utilise ou ai utilisé ne m’a pas semblé spécialement flagrante … Le test comparatif très rapide effectué lors de sa présentation avec l’Olympus E-PL3 n’avait d’ailleurs pas montré de différence majeure entre les deux.

Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de tester l’AF sur un sujet mobile ou très rapide pour voir si sur ces conditions précises, il faisait la différence avec les autres hybrides.

En conditions de plus faible luminosité, là aussi je n’ai pas forcément noté de différence importante avec d’autres hybrides. Bref, l’AF est bon, rapide, mais sans que je puisse dire en termes de ressenti qu’il est vraiment supérieur à d’autres modèles hybrides.

Gestion du bruit et montée en ISO

La grande question qui se pose avec la gamme Nikon 1 et son nouveau format de capteur CX est bien entendu la gestion du bruit et de la montée en ISO.

Le Nikon V1 offre une plage ISO allant de 100 à 6400 ISO. Vous avez la possibilité de fixer un niveau max à ne pas dépasser par l’appareil : 400 ISO, 800 ISO ou 3200 ISO. Bizarrement pas de palier à 1600 ISO max …

Voici un petit test maison de montée en ISO réalisé avec le Nikon V1. Ici encore il s’agit de JPEG issus directement de l’appareil et avec toutes les fonctions d’assistances désactivées. Les résultats peuvent sans doute varier selon les réglages de ces dernières mais je n’ai pas eu le temps de faire les comparaisons. De même, pas eu le temps de regarder ce que donnent les fichiers RAW (actuellement gérés uniquement avec Nikon Capture NX2).

100 ISO                                                                    200 ISO

400 ISO                                                                      800 ISO

1600 ISO                                                                    3200 ISO

6400 ISO

Je vous laisse là aussi vous faire votre propre opinion, mais jusqu’à 800 ISO ça me semble très bon, voire même à 1600, avec certes un lissage un peu plus prononcé. Mais cette montée en ISO est plutôt une bonne surprise !

Alors certes le point sans doute plus intéressant est le comportement en conditions réelles. J’ai eu l’occasion de faire quelques photos en environnement peu éclairé dans une église. Les résultats sont assez conformes au rendu du test ci-dessus. Le problème majeur rencontré était surtout l’objectif 10-30mm dont l’ouverture reste assez limitée pour ce type de cas, et qui poussait du coup régulièrement le Nikon V1 à 3200ISO en ISO auto (limite max que j’avais fixée dans les menus).

Instant animé et Sélecteur de photo optimisé

Revenons maintenant sur les deux modes innovants du Nikon V1, l’instant animé et le sélecteur photo optimisé.

Au risque d’en décevoir certains, je vais aller assez vite sur ces deux modes. En effet l’instant animé, qui comme expliqué plus haut est censé « encapsuler » votre photo dans une seconde de vidéo ralentie pour vous proposer une photo dans son contexte, ne fonctionne que dans l’appareil ! Ou alors je suis très nul et je n’ai rien compris …

Ainsi une fois le contenu de ma carte SD transféré sur l’ordi, je me retrouve avec d’un côté la photo et de l’autre le mini film ! Mais impossible de retrouver une vidéo intégrant la photo comme on peut le voir lors du visionnage sur l’appareil. Donc une fois la carte effacée, bye bye l’instant animé …

Encore une fois si quelqu’un peut m’expliquer si j’ai raté quelque chose, je suis preneur, car au stade actuel, je considère que l’instant animé n’a du coup strictement aucune utilité …

Concernant le sélecteur de photo optimisé (qui consiste en la prise en rafale d’une vingtaine d’images parmi lesquelles l’appareil en retient 5 et vous propose celle qu’il considère comme la meilleure), je suis un peu ennuyé pour le juger car l’appareil ne conserve pas les 15 photos qu’il estime les moins bonnes. Difficile dans ce cas de juger de la pertinence du choix effectué. Vous devrez donc avoir une confiance aveugle dans le Nikon V1 pour utiliser ce mode.

Le Nikon 1 V1 côté vidéo

Au niveau vidéo, plusieurs modes sont proposés par le Nikon V1 :

  • Un mode full HD 1080i60
  • Un mode full HD 1080p30
  • Un mode HD 720p60
  • Et deux modes ralentis : un premier mode à 400fps au format 640×240, et un second mode 1200fps au format 320×120

Comme précisé ci-dessus, il est possible de modifier tous les paramètres d’ouverture, vitesse, ISO en mode vidéo. C’est assez rare pour être souligné ! C’est même étonnant de trouver tant de liberté à ce niveau sur un appareil destiné au grand public, qui ne profitera sans doute que très peu de ces possibilité. Une preuve supplémentaire du positionnement assez ambigu de cet appareil hybride (parenthèse refermée !)…

Vous pourrez ainsi filmer en mode M, ou en mode A ou S, et faire varier les différentes valeurs avant l’enregistrement, voire même pendant si besoin. Petit bémol tout de même, je n’ai pas réussi à descendre sous le 1/100 en vitesse en mode vidéo. Je ne sais pas si c’est une limitation de l’appareil ou s’il y a moyen de descendre plus bas.

Autre point un peu plus gênant, je n’ai pas réussi à bloquer l’exposition via le bouton AF/AE lock comme on peut le faire en photo. Etonnant … mais une manipulation m’a peut-être échappé.

Un mot aussi sur le format utilisé par les vidéos. Elles sont encodées en H264/MPEG4. J’ai trouvé ce format plus pénible que l’AVCHD au montage de fichier 1080i60 notamment ! A tel point que je me suis résolu à transcoder tout ça en PRORES pour gagner de la fluidité et de la rapidité au montage.

Les modes vidéo HD

Voici un exemple de vidéo tournée dans chacun de trois modes HD. Ce sont des fichiers issus directement de l’appareil et uploadés sur Vimeo. Je crois que j’avais choisi un style d’image très neutre (cf. partie sur les picture style ci-dessous), ce qui explique le rendu très peu saturé. Mais vous pouvez tout à fait appliquer les styles d’images décrits dans la partie photo à la vidéo, ainsi que les paramétrer finement.

Si vous le pouvez, téléchargez le fichier source sur Vimeo afin de mieux apprécier le rendu de l’image.

Les modes ralentis

Le Nikon V1 propose également deux modes vidéo ralentis : l’un à 400 fps, l’autre à 1200fps.

Dans ces deux modes la résolution est limitée :

  • 640×240 en mode 400 fps
  • 320×120 en mode 1200fps

Dans ces deux modes l’enregistrement est en réalité limité à 5s, et ralenti par la suite. Si le rendu est véritablement fluide, les résolutions offertes limitent très fortement l’utilisation qui pourra être faite de ces vidéos ralenties. Peu intéressant donc de mon point de vue.

Voici une nouvelle fois des exemples réalisés avec ces modes ralentis :

Les styles d’image en vidéo

Tout comme pour la partie photo, les styles d’images peuvent être appliqués en vidéo, avec les mêmes paramètres prédéfinis, et la même latitude dans les réglages.

L’autofocus en vidéo

L’AF en revanche est très performant en vidéo, assurant une mise au point à la fois souple et rapide. Un très bon point sur cet aspect pour le Nikon V1.

Gestion du bruit et montée en ISO en vidéo

Comme il est possible de déterminer le niveau ISO en vidéo, j’ai réalisé un petit test de montée en ISO que je vous laisse découvrir et juger ci-dessous.

Et pour finir, voici une vidéo entièrement réalisée avec le Nikon V1. Elle a été tournée aux Tuileries, malheureusement sous un ciel bien gris.

Tout est filmé en 720p60, et parfois ralenti à 40%. J’ai utilisé un Gorillapod en lieu et place de mon The Pod habituel, et celui-ci s’est avéré très pratique !

Quelques images « behind the scenes » du tournage !

J’ai assez peu retouché l’image en post, si ce n’est niveau saturation et contraste car j’avais paramétré le Nikon V1 sur un style d’image assez neutre comme précisé un peu plus haut.

En conclusion

Alors ce Nikon V1 est-il un bon appareil photo hybride ? Oui, sans aucun doute.

Le capteur CX malgré sa petite taille offre des performances tout à fait satisfaisantes pour un usage courant. Il délivre des images de très bon niveau (niveau vidéo je serais un peu moins enthousiaste, mais je suis sans doute plus exigeant sur cet aspect !). Même le point posant le plus de questions, la montée en ISO, est bien géré, offrant des performances agréables jusqu’à 1600 ISO. De plus, le Nikon V1 offre une belle finition, est agréable à utiliser avec son écran bien défini et son viseur électronique de qualité, le tout dans un format assez compact (notamment au niveau de l’optique).

Le Nikon V1 est-il la révolution annoncée par la marque ? Non, sans aucun doute.

Le Nikon V1 arrive dans un marché des hybrides très bataillé, où l’offre d’appareils se multiplie notamment ces derniers mois. Ainsi comparé à la concurrence, aussi bien micro 4/3 que APS-C, il n’offre rien de plus ou de suffisamment différenciant pour s’imposer comme un choix évident par rapport à la concurrence.

Les fonctions innovantes mise en avant ne sont pas convaincantes à mes yeux (cf. instant animé décrit ci-dessus), et si la qualité est au rendez-vous niveau image, elle ne surpasse pas ce qui peut être offert par d’autres modèles.

L’argument de la compacité mis en avant par Nikon, notamment pour justifier le choix de la taille du capteur CX, n’est pas non plus déterminant. Si les objectifs sont en effet plus petits que ceux des autres systèmes, le boîtier lui est assez comparable en termes de dimensions. Il ne pourra de toute façon pas être glissé dans une poche, pas plus qu’un autre système hybride.

Et puis au niveau de prix où il est positionné il me semble tout simplement trop cher, encore une fois au vu de ce qu’il propose par rapport à d’autres (même si on considère son viseur électronique intégré). De ce point de vue, le Nikon J1 offre sans doute un rapport équipement / prix plus cohérent.

Le Nikon V1 marque en tout cas l’entrée de Nikon dans le monde hybride. La marque japonaise arrive avec une offre nouvelle par rapport à l’existant. L’avenir nous dira si cette offre répond à une demande des utilisateurs et si elle trouvera sa place sur ce segment. Le point très positif à mes yeux est que Nikon semble prêt à mettre les moyens pour s’imposer sur ce marché hybride, ce qui ne peut que stimuler la concurrence. Et ce pour le plus grand bénéfice des utilisateurs !

  • Francois.

    Super test, merci!

    • emeric

      De rien, et merci aussi !

  • Jean Marc

    Nikon sait toujours faire des boitiers mais ça semble bien être un modèle sur la défensive, uniquement parce que « les autres y vont ».
    Dans les ambiguïtés du positionnement et des caractéristiques que tu soulignes, on  ne voit pas une réelle envie d’y aller.
    Un ancien roi veut croire qu’il gardera encore un peu sa couronne mais surtout sans vouloir se remettre en cause et s’adapter. On sait malheureusement ce que donne ces stratégies autistiques.
    Une autre porte qui se ferme pour nous, malheureusement …
    Le parfum d’aventure des premiers hackages du GH1, que nous avons partagé, me manque !! :)

  • Pingback: Appareil photo hybride Nikon 1 V1 en test | Blog LDLC

  • Alx

    Heuuu aucune référence au Fuji X100 ?????? Etonnant ???

    • emeric

      Euh … Quelle référence au Fuji X100 attends-tu ?

  • Pingback: Test Nikon 1 V1 | Pierto.net

  • Pingback: Test de l'appareil photo hybride Nikon 1 V1 | hybridcams.fr | Prises de vue | Scoop.it

  • Pingback: Appareil photo hybride Nikon 1 V1 vs. Panasonic G3 Shootout | hybridcams.fr

  • Pingback: Appareil photo hybride Canon abandonne-t-il définitivement le marché hybride ? | hybridcams.fr

  • Pingback: Promotion Nikon : 50€ remboursés sur les Nikon J1 et V1 | hybridcams.fr

  • Auber F

    Que pensez vous d’une utilisation détournée du V1 pour les photos animalières grâce à son capteur avec un coefficient multiplicateur de 2.7 ?

    • emeric

      C’est en effet un des avantages de ce « petit » capteur d’offrir un coefficient multiplicateur élevé qui permet donc dans l’absolu d’offrir de très longues focales. Autre avantage pour la photographie animalière la possibilité de régler l’appareil en mode obturateur électronique qui rend le déclenchement entièrement silencieux. Enfin c’est vrai que le V1 est plutôt rapide que ce soit dans la mise en route, la mise au point et le déclenchement, ce qui peut sans doute être utile dans cette pratique.

      Après je ne pratique pas spécialement la photographie animalière et je ne sais pas si au-delà de ces avantages, il peut répondre à vos exigences en termes de rendu et de qualité de l’image.

  • Anga

    Bonjour bonjour,

    Je suis indécise sur mon choix d’hybride.

    Je serais plus tenté par le Sony NEX – 5N suite aux avis que j’ai pu lire sur la toile, mais le Nikon 1V 1 me séduit aussi.

    Il faut savoir que je pratique la photo en tant qu’amatrice et toutes les notes que l’on trouve sont postées par des pros.

    Alors je crie HELP, je n’ai pas envie de faire le mauvais choix vu le prix des ces appareils.

    Je dois dire que ce qui me fait craquer pour le 1V1 c’est le viseur électronique et les 2/3 gadgets vidéos (mode ralentis, …), mais ne serait-ce pas une bêtise de céder pour ces « gadgets » ?

    Aussi j’aimerais savoir qui est le plus cher en thermes d’accessoires (objectifs, bague d’adaptation)

    Dans l’attente de vous lire.

    Merci.

    Anga.

  • Pingback: Nikon 1 J3 et Nikon 1 S1, les deux nouveaux hybrides grand public -