Olympus OM-D E-M5 Mark II – Le test

Après plusieurs jours passés en compagnie de l’Olympus OM-D E-M5 Mark II, voici le test complet de l’appareil. J’ai déjà abordé pas mal d’aspects de l’appareil dans de précédents articles (ici et ), et l’accent est mis ici plus particulièrement sur les fonctionnalités et performances vidéo, ainsi que sur des exemples de photos prises avec l’Olympus OM-D E-M5 Mark II.

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Présentation de l’Olympus OM-D E-M5 Mark II

L’Olympus OM-D E-M5 Mark II conserve les aspects caractéristiques de la gamme OM-D avec un design rétro, une compacité et un poids réduits (417 g pour le boitier nu soit quasiment l’équivalent du premier E-M5), et un châssis tropicalisé en alliage de magnésium, pouvant résister à des températures jusqu’à -10°C.

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Au rang des principaux équipements et fonctionnalités de l’Olympus OM-D E-M5 Mark II notons :

  • un capteur 4/3 LiveMos de 16,3 Mpx ;
  • le processeur TruePic VII, auquel un nouveau co-processeur a été ajouté en particulier pour gérer les fonctionnalités vidéo ;
  • un viseur électronique intégré de 2,36 millions de points (grossissement 1,48x), qui est en réalité celui de l’OM-D E-M1;
  • un écran tactile articulé sur charnière latérale de 3″ et 1,037 millions de points ;
  • la stabilisation sur 5 axes par translation du capteur en photo et vidéo ;
  • un mode silencieux activant notamment un système d’obturation électronique permettant des prises de vue jusqu’à 1/16000ème de seconde ;
  • le Wifi intégré permettant le contrôle à distance, le transfert et le partage des photos via l’application Olympus sur smartphone et tablette ;
  • une sensibilité ISO de 100 à 25600 ISO;
  • un AF par détection de contraste, avec une zone de mise au point constituée de 81 collimateurs ;
  • un mode rafale jusqu’à 10 i/s (sans stabilisation et verrouillage AF sur la première image – jusqu’à 16 images en RAW et 19 en JPEG) ;
  • une fonction Keystone Compensation, permettant la compensation des perspectives en Live View ;
  • les fonctions créatives tels que les filtres artistiques, la fonction HDR ou encore le Color Creator introduit sur l’Olympus OM-D E-M1;
  • le focus peaking pour aider à la mise au point manuelle ;
  • un intervallomètre intégré;
  • une fonction de shooting connecté via le logiciel Olympus Capture.

Vous pouvez retrouver l’ensemble des caractéristiques de l’Olympus OM-D E-M5 Mark II sur sa fiche produit.

Les nouveautés de l’Olympus OM-D E-M5 Mark II

Si l’Olympus OM-D E-M5 Mark II hérite certaines fonctions et certains équipements de ses prédécesseurs dans la gamme OM-D, il introduit tout de même un nombre de nouveautés non négligeables !

Une ergonomie renouvelée

Tout d’abord l’ergonomie générale évolue par rapport au précédents modèle.

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L’organisation des différentes commandes en particulier sur le dessus de l’appareil a en effet été revue.

On retrouve la molette de sélecteur des modes sur la gauche avec le levier de mise sous tension. Cette molette donne accès aux modes PASM, iAuto, aux modes Scènes, Filtres artistiques, Vidéo et au mode Photo Story.

Sur la droite de l’appareil on retrouve deux molettes de réglages dont une incluant le déclencheur, des raccourcis vers différentes fonctions dont le mode HDR, des raccourcis paramétrables selon vos préférences à assigner aux fonctions Fn 2, Fn 3 et Fn4, et le déclencheur vidéo dédié.

Pour comparaison voici l’Olympus OM-D E-M5 Mark II face à son prédécesseur :

A l’arrière la principale nouveauté en termes d’ergonomie est la présence d’un écran orientable sur charnière latérale, contrairement à celui de l’Olympus OM-D E-M5 qui ne s’orientait que vers le haut ou le bas. Plus de flexibilité donc dans l’orientation de l’écran, et la possibilité de le retourner pour le protéger entièrement lorsqu’on ne s’en sert pas.

Olympus OM-D E-M5 Mark II

On notera aussi la plus légère réorganisation des boutons sur l’arrière de l’appareil.

Au rang des autres modifications d’ergonomie, il faut noter la disparition du flash intégré. Le flash est désormais externe et fourni d’office avec tout nouvel Olympus OM-D E-M5 Mark II. Ce flash orientable et tropicalisé vient donc se clipser sur la griffe porte-accessoire.

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Enfin le viseur est aussi amélioré. L’Olympus OM-D E-M5 se voit en réalité équipé du viseur de l’OM-D E-M1, ce qui en soit est plutôt une bonne chose, car celui-ci m’avait fait une excellente impression lors du test de ce modèle ! Ce viseur offre une définition de 2,36 millions de points et un grossissement de 1,48x. Il intègre le système de compensation Keystone qui permet de corriger les lignes verticales convergentes.

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Si l’ergonomie physique a nettement évolué, en revanche l’ergonomie logicielle et le système de menu complexe d’Olympus est lui toujours présent. Les possibilités de réglages sont hyper nombreuses, mais demanderont une phase d’apprentissage aux nouveaux venus dans l’univers de la marque.

Une évolution à ce niveau pour simplifier et clarifier un peu les choses serait la bienvenue pour un prochain modèle !

Un système de stabilisation 5 axes renforcé

La principale fonctionnalité mis en avant par Olympus pour son OM-D E-M5 Mark II est une nouvelle fois le système de stabilisation sur 5 axes intégré à l’appareil (ce qui signifie que vous pourrez en bénéficier quel que soit l’objectif utilisé).

Déjà avantage majeur sur l’OM-D E-M5 premier du nom, ce système de stabilisation a encore été renforcé et amélioré notamment par l’ajout d’un nouvel accéléromètre. Olympus n’hésite pas à le proclamer comme le système de stabilisation le plus performant du monde, et annonce un gain de 5 stops grâce à ce système (i.e. il est possible d’obtenir des images nettes en utilisant une vitesse d’obturation 5 fois plus lente que sur un appareil équivalent non stabilisé).

Ce système est opérationnel aussi bien en photo qu’en vidéo.

Système de stabilisation 5 axes Olympus

Mode photo Live Composite

Ce mode photo n’est pas une véritable nouveauté car on le retrouvait déjà sur l’Olympus OM-D E-M10, mais sans que la marque n’en ait véritablement fait la promotion.

Ce mode permet la prise d’images en pose longue, mais une prise d’images en séquences qui sont fusionnées entre elles. Ceci permet d’éviter la surexposition des images qui peut avoir lieu lors de poses longues, en mode Bulb par exemple. Ce mode est particulièrement intéressant pour les adeptes du light painting, ou des photos de ciel étoilé ou encore de feux d’artifices par exemple.

Mode photo haute résolution 40 Mpx

L’Olympus OM-D E-M5 Mark II intègre également un nouveau mode photo assez mystérieux au premier abord, dénommé mode photo haute résolution 40Mpx.

Ce mode utilise en fait les propriété du système de stabilisation de l’appareil pour permettre la réalisation de 8 clichés avec un déplacement du capteur entre chaque prise de vue et la fusion de ces images à l’issue du processus. On obtient ainsi une image JPEG de 40Mpx  (ou de 63 Mpx en RAW !) avec un niveau de détail et une luminosité censés être nettement supérieurs à une photo « classique ».

Contrainte cependant à respecter pour utiliser ce mode : l’appareil devra être parfaitement immobile pour réaliser ces photos en haute résolution. Pas question donc de capturer vos plus belles actions de sport ou vos enfants courant sur la plage dans ce mode-là ! Il se destine davantage à de la photo studio, produits, packshots, ou autre.

Ci-dessous la même photo réalisée en premier en mode normal, puis ensuite en mode photo haute résolution. Force est de constater que le ce mode propose en effet un gain assez impressionnant en résolution !

Mode photo « normal »

 

Mode photo haute résolution

Le mode silencieux et l’obturation électronique

Ce mode silencieux permet le fonctionnement de l’Olympus OM-D E-M5 sans le moindre bruit d’utilisation ou de déclenchement. L’obturation électronique permet de monter jusqu’à une vitesse de 1/16000ème au déclenchement, ce qui peut s’avérer très utile par forte luminosité. Comme souvent avec ce mode d’obturation, il faudra sans doute faire attention à l’effet de rolling hutter si on photographie des objets ou personnes en mouvement.

Olympus OM-D E-M5 Mark II : exemples photos

L’Olympus OM-D E-M5 Mark II en basse lumière

Concernant la gestion du bruit et la montée en ISO, il me semble qu’il n’y a pas de progrès notables par rapport aux générations précédentes. Le rendu est parfaitement exploitable jusqu’à 1600 / 3200 ISO, les choses étant plus délicates à des valeurs supérieures.

Mais le véritable avantage de l’Olympus OM-D E-M5 Mark II est que son système de stabilisation 5 axes permet de limiter la montée en ISO en favorisant une vitesse d’obturation plus lente à la montée en ISO.

Ainsi la photo suivante a été réalisée à 800 ISO et 1/8ème de seconde (Olympus OM-D E-M5 Mark II – Olympus 25mm f/1.8).

Quelques autres images en conditions de basse lumière :

Autres exemples de photos réalisées avec l’Olympus OM-D E-M5 Mark II

Je vous propose ci-dessous quelques exemples de photos réalisées avec l’Olympus OM-D E-M5 Mark II. Ce sont des photos prises en mode RAW puis traitées sous Ligthroom et exportées en mode JPEG. Vous pouvez cliquer sur les miniatures pour voir les images en taille réelle.

Pour ceux qui veulent voir les originaux, ou les télécharger pour s’amuser avec, vous pouvez également y accéder avec les liens sous l’image.

Olympus OM-D E-M5 Mark II Olympus OM-D E-M5 Mark II
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Olympus OM-D E-M5 Mark II en vidéo : les espoirs déçus …

Et pourtant tout s’annonçait si bien !

Avec l’Olympus OM-D E-M5 Mark II, Olympus semble enfin prendre la vidéo au sérieux sur un de ces appareils hybrides. Certes sa fiche technique en vidéo est finalement assez proche de ce que proposait un Panasonic GH3 il y a déjà 2 ans, mais le progrès est assez notable par rapport aux générations d’hybrides Olympus précédentes pour apprécier le nombre d’options vidéo offertes.

Les modes vidéo de l’Olympus OM-D E-M5 Mark II

L’Olympus OM-D E-M5 Mark II propose donc une large palette de modes d’enregistrement en vidéo :

  Résolution Cadences Mode Débit
MOV(MPEG-4AVC/H.264) Full HD 30p – 25p -24p ALL-I / IPB ALL-I : 77 Mbps
IPB : 52 Mbps / 30 Mbps /18 Mbps
60p – 50p IPB 52 Mbps / 30 Mbps /18 Mbps
HD 60p – 50p – 30p -25p – 24p ALL-I : 77 Mbps
IPB : 52 Mbps / 30 Mbps /18 Mbps
60p : 59.94fps 50p : 50.00fps 30p : 29.97fps 25p : 25.00fps 24p : 23.98fps

Deux autres modes HD et SD en Motion JPEG sont également présents mais ils ne présentent que peu d’intérêt.

Commençons tout de suite par le principal reproche que l’on peut faire à l’Olympus OM-D E-M5 : l’absence de mode 4K. Décision stratégique ? Limitation technique ? Je ne sais pas, mais je regrette tout de même l’absence de 4K. Certes on pourrait se dire que ce n’est pas grave, que la chaîne d’image 4K n’est aujourd’hui que peu développée et que cette absence n’est donc pas bien importante. Oui mais non seulement le 4K apporte un certain nombre d’avantages même pour une diffusion finale en Full HD, mais en plus pour un appareil amené à avoir une durée vie de deux à trois ans on est en droit de penser que l’intégration de la 4K aurait été une garantie pour l’avenir.

Bref hormis cette absence la fiche technique en vidéo de l’Olympus OM-D E-M5 est solide : pluralité des cadences d’images, débits importants et même un mode ALL-INTRA (ALL-I).

Une petite explication ou un petit rappel sur ce mode ALL-I : une séquence vidéo est une suite d’images fixes enregistrées selon une certaine fréquence (24 images par secondes, 50 images par secondes etc…). D’une image à l’autre certaines portions de l’image changent et d’autres restent identiques. La plupart des méthodes de compression s’appuient sur les similarités d’une image à l’autre pour réduire la taille des fichiers vidéos en ne ré-encodant que les différences d’une image à l’autre.

Sur cette base deux techniques de compression d’images peuvent être utilisées : la compression INTER-images et la compression INTRA-images.

Dans la méthode INTER-images, utilisée notamment par le codec H.264/MPEG-4 sur lequel repose l’AVCHD, un certain nombre d’images clés (grosso modo des images complètes et indépendantes) sont enregistrées et les images suivantes sont enregistrées par référence à ces images clés : seuls les zones ayant changé par rapport à l’image clé de référence seront réenregistrées. Cette méthode permet donc un taux de compression plus fort et donc des fichiers de taille plus réduite, car la quantité d’informations à encoder est plus faible que si toutes les images devaient être enregistrées en intégralité.

Et justement, dans la méthode INTRA-images, toutes les images sont considérées comme des images clés, et donc chaque image est enregistrée individuellement et sans référence à d’autres images. On a donc beaucoup plus d’informations enregistrées et préservées dans la séquence, et donc pour schématiser une qualité d’image a priori supérieure (avec comme revers de la médaille des fichiers vidéos plus lourds). Attention, ces images clés aussi sont compressées, essentiellement en supprimant les informations non perceptibles par l’œil humain. On ne parle donc pas ici de format RAW en vidéo, mais d’une méthode de compression vidéo moins destructrice.

Ce mode ALL-INTRA présente en plus un débit vidéo élevé de 77 Mbps. Ce chiffre de débit représente schématiquement la quantité de données numériques transmises par unités de temps. Donc plus le chiffre est élevé plus la quantité de données transmises est importante.

Par la combinaison des images « pleines » enregistrées et le débit important, le mode ALL-INTRA permet donc d’obtenir une qualité d’image supérieure en conservant beaucoup plus d’informations dans la séquence vidéo enregistrée.

Les autres fonctionnalités vidéo de l’Olympus OM-D E-M5 Mark II

La première fonctionnalité vidéo notable est bien entendu le système de stabilisation sur 5 axes amélioré. Olympus va jusqu’à vanter les performances de ce système en remplacement d’un steadycam.

L’Olympus OM-D E-M5 Mark II intègre également un certain nombre d’autres fonctions vidéo :

  • des prises pour casque (grip HLD-8G nécessaire) et micro externe ;
  • un intervallomètre de 1 seconde à 24h pour un maximum de 999 images avec création automatique d’un film en timelapse ;
  • une fonction slow motion à 96 i/s et une fonction accélérée (375%) intégrées ;
  • des filtres artistiques applicables en vidéo ;
  • le focus peaking ;
  • une sortie hdmi pour visualisation et enregistrement en flux non compressé directement sur un enregistreur externe (sortie HDMI propre en visualisation) ;
  • une fonction timecode.

Deux autres fonctionnalités intéressantes de l’Olympus OM-D E-M5 Mark II en mode vidéo.

La première est que l’Olympus OM-D E-M5 Mark II possède un mode « crop » activable à la volée pendant la prise de vue. Il semble fonctionner de la même façon que sur les appareils Panasonic en utilisant qu’une portion du capteur pour enregistrer la vidéo. Le fait que l’on puisse librement passé d’un cadrage large à un cadrage serré via ce mode, en appuyant simplement sur un bouton, offre des perspectives créatives intéressantes !

Cela dit les images réalisées en mode « crop » apparaissent nettement plus bruitées que les images normales, un biais que l’on avait déjà pu constater sur le mode « crop » de Panasonic. Il faudra donc veiller à l’utiliser dans des conditions de luminosité suffisantes, ou prévoir un post-traitement adéquat au montage.

Deuxième fonctionnalité intéressantes, la prise de photo pendant l’enregistrement vidéo est possible et délivre des photos au format 16/9 en résolution 3200×1800 px, pas juste au format 1920×1080, et ce sans interrompre la prise de vue vidéo (ce mode de fonctionnement est paramétrable et peut être modifié pour que la vidéo soit interrompue pour la prise de la photo puis ré-enclenchée automatiquement ensuite). Certes, cette fonctionnalité n’est pas révolutionnaire mais reste très appréciable ! Attention tout de même, on n’obtiendra ici une photo en format JPEG uniquement (pas de RAW), dans une qualité inférieure à la prise de vue en mode photo, et dont les paramètres seront ceux utilisés pour la vidéo et donc pas nécessairement adaptés à toutes les photos.

L’Olympus OM-D E-M5 Mark II en mode vidéo sur le terrain.

Et voilà où les choses se gâtent malheureusement …

Non pas que l’utilisation de l’Olympus OM-D E-M5 Mark II pose véritablement problème d’un point de vue ergonomie. De ce côté là mon seul regret est que le reprise de point ne soit pas possible pendant l’enregistrement (en appuyant à mi-course sur le déclencheur) car j’avoue que c’est une habitude que j’ai prise avec les différents Panasonic GH. Je pourrai y ajouter l’impossibilité de modifier les réglages pendant la prise de vue, mais je suis moins adepte de ce type de modification, même si elle peuvent s’avérer utiles dans certaines circonstances.

Du point de vue ergonomique donc, l’Olympus OM-D E-M5 Mark II est plutôt agréable : l’écran orientable sur charnière est correctement défini et permet de filmer dans toutes les positions, l’EVF est très bon et offre une bonne précision pour vérifier la mise au point (d’autant plus associé au focus peaking très efficace), le déclencheur vidéo est facilement accessible, et l’appareil tient bien en main, sa compacité et sa légèreté finissant de la rendre très agréable à utiliser sur une longue période.

Non le véritable problème est malheureusement celui de la qualité d’image obtenue en vidéo avec l’Olympus OM-D E-M5 Mark II.

Voici une vidéo réalisée entièrement avec l’Olympus OM-D E-M5 Mark II et les objectifs Olympus 75 mm f/1.8 et Panasonic 12-35 mm f/2.8 (80% de la vidéo est filmée avec l’Olympus 75mm f/1.8). J’ai choisi le mode ALL-I 24p à 77Mbps

Chacun sera juge de la qualité d’image, mais à mes yeux elle manque clairement de piqué et possède un rendu très vidéo malgré la fréquence d’image 24p, et malgré les différents étalonnages essayés. C’est surtout visible sur les plans larges, les plans médians ou rapprochés mettant moins en difficulté l’Olympus OM-D E-M5 Mark II.

Au-delà de ça, l’Olympus OM-D E-M5 Mark II est extrêmement sensible aux phénomènes de moiré et d’aliasing. Ils ne sont pas particulièrement notables (quoique) sur la vidéo ci-dessus car j’ai tenté de faire attention à ne pas exposer l’appareil à des sujets sensibles. Mais sur d’autres plans j’ai souvent été confronté à ces problèmes malheureusement …

Alors bien sûr ces phénomènes sont également problématiques sur un certains nombres d’autres appareils à plus ou moins grande échelle. Mais sur l’Olympus OM-D E-M5 Mark II leur récurrence complique grandement l’utilisation vidéo de l’appareil, et peut fréquemment ruiner un plan. D’autant plus que le problème apparaîtra nettement lors du dérushage sur ordinateur, mais pas forcément à la prise de vue via l’EVF ou l’écran (c’est ce qui m’est arrivé).

J’ai testé tous les modes vidéos disponibles sur l’Olympus OM-D E-M5 Mark II, et aucun ne présente d’avantage sur ces aspects par rapport à un autre.

La stabilisation 5 axes de l’Olympus OM-D E-M5 Mark IIen vidéo

La stabilisation est d’une efficacité redoutable en photo. On retrouve cette efficacité en vidéo, mais avec certains bémols et certaines précaution à prendre.

Deux modes sont en effet disponibles : le mode IS-1 ajoute un traitement logiciel à la stabilisation du capteur, alors que le mode IS-2 se limite à cette stabilisation du capteur. Je vous conseille de privilégier le mode IS-2 car en mode IS-1 un effet « gelée » très désagréable est visible sur les vidéos en particulier si votre plan contient du mouvement. On peut parfois retrouver cette sensation en mode IS-2, mais très nettement moins prononcée.

Concernant l’efficacité de cette stabilisation en vidéo, nous avons tous vu nombres d’exemples qui la mette en valeur depuis l’annonce de l’Olympus OM-D E-M5 Mark II . Mon ressenti suite à l’utilisation de l’Olympus OM-D E-M5 Mark II est un peu plus mitigée.

Sur tous les plans statiques, son efficacité est redoutable et pourra permettre de se passer de trépied pour obtenir des plans sans tremblements. Pour les plans en mouvement, la stabilisation se situe largement au-dessus de tout ce que j’ai pu avoir l’occasion d’essayer, mais il faudra tout de même de la pratique pour en tirer le meilleur rendu. Et je ne pense pas qu’elle puisse complètement remplacer un moyen physique de stabilisation comme un steadycam ou gimbal. Tout dépendra en fait de l’effet et du niveau de stabilisation que vous recherchez !

Bref, vous l’aurez compris, ma déception a été grande sur ce mode vidéo de l’Olympus OM-D E-M5 Mark II, d’autant plus que les courts essais que j’avais pu faire à Prague, ou les exemples d’autres réalisations vues sur le web, ne m’avaient pas particulièrement laissé entrevoir une telle conclusion ! D’autant plus également que les spécificités sur le papier laissaient espérer un appareil vidéo de qualité chez Olympus, nonobstant les manques déjà évoquer en introduction comme l’absence de 4K.

Même si j’ai passé du temps avec l’Olympus OM-D E-M5 Mark II, peut-être ai-je manqué quelque chose sur cette partie vidéo ? Peut-être est-il possible d’optimiser davantage le rendu de l’image ? Peut-être que des améliorations sont possibles via un update du firmware ? Mais en l’état de mes tests, je ne peux pas recommander l’Olympus OM-D E-M5 Mark II pour des utilisateurs exigeants en vidéo.

Mon avis sur l’Olympus OM-D E-M5 Mark II

Comme vous l’aurez compris, je ne peux m’empêcher d’être déçu par l’Olympus OM-D E-M5 Mark II en raison des performances vidéo en-dessous de mes attentes. Certes ses caractéristiques n’avaient rien d’hors du commun pour un appareil hybride de 2015, mais les efforts faits par Olympus pour mettre enfin l’accent sur un mode vidéo développé avec de multiples réglages, couplé aux promesses de l’excellente stabilisation 5 axes, laissaient espérer des performances intéressantes et une utilisation agréable.

Attention, cette déception sur la partie vidéo ne doit pas occulter que pour ce qui concerne la photo l’Olympus OM-D E-M5 Mark II est un excellent appareil ! La formidable stabilisation 5 axes, sa construction tropicalisée en alliage de magnésium, l’ergonomie agréable, l’EVF et l’écran de qualité, les modes photos aux multiples possibilités de réglages, et la qualité d’image en font une option de premier choix pour les photographes.