Apres la présentation de la gamme Nikon 1 et des caractéristiques des Nikon J1 et V1, je vous propose une rapide prise en main des appareils hybrides de Nikon réalisée à l’issue de la conférence de presse de mercredi dernier.
Beaucoup de monde à la conférence de presse, beaucoup de monde donc qui se pressait pour essayer les quelques exemplaires des Nikon J1 et V1 disponibles ce matin-là, il fallait être patient pour prendre en main un exemplaire de ces nouveaux hybrides !
J’ai tout de même réussi à réaliser quelques clichés et à manipuler chacun des modèles pendant quelques minutes. Bien entendu les impressions que je vais vous livrer ici ne sont, du fait de ce peu de temps de prise en main, en aucun cas définitives, juste un premier sentiment et quelques réflexions.
Présentation en images des Nikon J1 et Nikon V1
Voici quelques images des Nikon J1 et V1 mises en parallèle (J1 colonne de gauche, V1 colonne de droite). Malheureusement je n’ai pas eu l’occasion de les mettre physiquement côte à côte, ni eu le temps de prendre les photos exactement dans les mêmes conditions …
Design et finition des Nikon J1 et V1
Nikon a beaucoup insisté sur la compacité de ses appareils hybrides, censée être un point fort de la nouvelle gamme Nikon 1. Cette recherche de compacité explique en particulier le choix de développer un nouveau capteur CX de taille inférieure non seulement au format APS-C mais aussi au format micro 4/3. Ce choix doit permettre de jouer sur la taille du boîtier et surtout des optiques.
En terme de design, les boîtiers des Nikon J1 et V1 sont en effet assez compacts, mais pas forcément plus que certains hybrides récemment sortis. Pour preuve une petite image avec l’Olympus E-PL3 (gentiment prêté pour la photo par Open Photo News !) à côté du Nikon J1. On voit que les deux boîtiers sont très très proches en termes de dimensions. La différence se fait sur la taille de l’objectif, le Nikon 10-30mm étant un peu plus compact que le 14-42mm monté sur l’E-PL3. Bon cela dit l’écart de taille ne me semble pas spécialement pouvoir procurer un avantage décisif aux Nikon hybrides … J’aurais bien aimé pouvoir ajouter à la photo un Panasonic GF3 avec le nouvel objectif PowerZoom X 14-42mm pour voir !
Niveau finition, globalement les deux modèles hybrides Nikon m’ont fait bonne impression, même s’il me semble que le plastique règne en maître.
Pour finir sur cette partie design, une mention spéciale pour la version rose du Nikon J1 ;-)
Ergonomie des Nikon J1 et V1
Difficile évidemment de se faire une opinion très tranchée sur l’ergonomie de ces appareils hybrides en si peu de temps. Je me bornerai donc à constater que le design « plat » des boîtiers, sans poignée de renfoncement, associé à un revêtement un peu lisse, me fait craindre pour le confort de prise en main et les risques de glissade …
Concernant l’ergonomie d’utilisation, elle est relativement simple :
- une route codeuse à l’arrière qui donne accès à certains raccourcis de réglages,
- quatre boutons donnant accès au mode lecture, aux modes d’affichage de l’écran, à la suppression des photos et au menu,
- et une molette de sélection des modes … hyper simplifiée car ne donnant accès qu’aux modes « intelligent », vidéo, instant animé et mode photo optimisé.
Pas de molette de sélection des modes PASM donc. Choix qui peut se comprendre sur le J1 plutôt destiné aux utilisateurs venant du compact, mais qui est très étonnant sur le V1 destiné à un public plus expert. Surtout que ce n’est pas la place qui manque sur cette molette qui semble bien vide !
Les menus eux m’ont semblé clairs, compréhensibles et bien organisés. Voilà c’est à peu près tout ce que je peux vous en dire pour le moment :-)
Ecrans et viseur électronique
Les écrans m’ont semblé de bonne qualité. Celui du Nikon V1 bénéficie évidemment d’un avantage important sur celui du J1 avec sa définition de 921 000 points.
Quant à l’EVF, je l’ai trouvé tout à fait satisfaisant, du niveau de celui du GH2 que j’avais emporté avec moi ! Un correcteur dioptrique est présent ainsi qu’un capteur permettant le switch automatique entre viseur et écran.
Performances des Nikon J1 et V1
L’allumage des hybrides Nikon est très rapide. L’autofocus et sa rapidité vantés lors de la conférence de presse semble véritablement performant. Testé sur une scène similaire il est au même niveau que celui de l‘Olympus E-PL3. Evidemment ce test n’avait rien de scientifique et demande confirmation dans différentes situations.
Mais en tout cas l’impression de rapidité est bel et bien là ! Et ce à tous les niveaux lors de l’utilisation.
Mode vidéo des Nikon J1 et V1
Impossible de se prononcer sur la qualité des modes vidéo sans passer par la case ordinateur, donc pas de jugement définitif sur ce point. J’ai juste testé le mode à 400 fps qui, du moins sur l’écran du J1, donnait un résultat ralenti très sympa, et bien fluide (mais dans une résolution réduite à 640×240).
Un mot tout de même sur les choix offerts par les J1 et V1 qui pour être honnête me semblent un peu légers. Du full HD certes mais uniquement en 60i ou 30p… Passons encore sur l’absence de 24p ou 25p au profit du 30p, mais pourquoi du 60i ? D’une part, dans nos contrées européennes on risque de se retrouver avec un méchant effet de scintillement en lumière artificielle (sauf option dans les menus pour pallier le problème). D’autre part le 1080i60 semble un peu léger face aux derniers produits proposant du 1080p50/60 en AVCHD 2.0, à l’image des derniers produits Sony (même en compact, cf. le petit HX9V !).
Premières impressions générales sur les Nikon J1 et V1
Par où commencer ? :-)
Je suis très partagé sur ces hybrides Nikon, notamment car j’ai du mal à saisir clairement à qui s’adresse Nikon avec cette gamme Nikon 1.
Le discours semble orienté vers un appareil simple d’utilisation, rapide, compact tout en offrant une très bonne qualité photo. Bref le discours classique des hybrides visant un public utilisateur de compact qui souhaiterait monter en gamme, sans passer aux reflex (par peur de sa complexité ou de son encombrement).
Je comprends parfaitement ce discours et ce positionnement pour le Nikon J1. Dans ce cadre là même le nouveau capteur CX ne me semble pas véritablement problématique, les fonctions « avancées » collent bien à l’ère du temps et sans doute au public visé (sélecteur optimisé, image animée, …). Seul le prix peut sembler un peu élevé à 549€, mais disons qu’on paye un peu la marque ;-)
En revanche, le Nikon V1 me laisse perplexe, et jette du coup le doute sur l’ensemble de la stratégie hybride de Nikon.
Car si j’ai bien tout compris, ce Nikon V1 s’adresse à un public plus expert. Mais là pour le coup les quelques absences ergonomiques (absence de sélecteur de mode PASM notamment) mais surtout le « petit » capteur sont plus difficiles à comprendre … Sans parler du prix auquel tout ça est vendu : 799 € ! Difficile de faire face à la concurrence avec un tel rapport équipement/prix sur une cible experte … Même si on s’appelle Nikon …
Cela dit je suis partagé également car j’ai tout de même apprécié la prise en main de ces appareils : design sobre mais réussi, EVF de qualité et intégré pour le Nikon V1, rapidité de fonctionnement et de mise au point, et compacité (même s’ils ne sont pas « plus » compacts que d’autres, ils sont « aussi » compacts que d’autres).
Un gros point noir pour moi en revanche : les modes vidéo … Bon je vais attendre de voir des exemples réalisés avec les Nikon J1 et V1 mais sur le papier rien de bien excitant. Choix des modes limités, absence de réglages manuels en vidéos, pas d’écran orientable … bref je crains que de ce côté-là les Nikon 1 n’aient rien de révolutionnaire.
La position de Nikon sur ce marché hybride n’est pas simple à tenir : comment s’imposer sur ce marché hybride sans compromettre ses positions sur le marché reflex notamment en entrée de gamme ? Le risque de cannibalisation est tout de même fort quoi qu’on en dise officiellement. Et cette crainte explique sans doute en partie les choix technologiques réalisés. Comme le laissaient à penser les interventions du directeur de la division image France lors de la conférence de presse on pourrait interpréter cette entrée sur le marché hybride comme une entrée défensive face aux offensives d’acteurs hybrides comme Sony, Panasonic ou Olympus (plus particulièrement sur le marché japonais d’ailleurs où les hybrides ont davantage trouvé leur public que dans d’autres contrées). Ou alors comme le mentionne Yoshizo Mori, directeur du département développement de Nikon, dans une interview à Amateur Photographer, on peut croire Nikon dans sa volonté de développer un tout nouveau concept qui répond à une demande aujourd’hui non satisfaite ni par les compacts, ni par les reflex, ni par les hybrides …
Au final seul le juge de paix de la qualité des images produites par les Nikon J1 et V1 permettra de trancher sur les choix technologiques réalisés par Nikon et ses ingénieurs. Attendons donc d’en savoir plus à ce niveau avant de se prononcer définitivement sur l’avenir de Nikon sur ce marché hybride, où décidément la concurrence fait rage. Et rien que pour ça je suis ravi de l’arrivée de Nikon sur ce marché qui ne peut que pousser les fabricants à nous proposer toujours mieux !























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