Je vous l’avais annoncé la semaine dernière, hybridcams.fr s’ouvre au monde des reflex, plus spécifiquement sous l’angle de l’utilisation vidéo. Pour cela nous accueillons Alex sur le blog qui va nous faire partager ses réflexions sur ce monde de la vidéo sur reflex !
Et pour commencer il nous livre un feuilleton en quatre parties sur sa problématique du moment : par quoi remplacer son Nikon D5000 à Noël ? :-) L’occasion de revenir bien entendu sur les derniers modèles sortis tant en hybrides qu’en réflex, et de comparer ces modèles sous l’angle du passionné à la recherche d’un nouvel appareil. Il ne s’agit donc pas ici de comparer ces différentes solutions sous l’angle de tests technique, mais bien de suivre les réflexions d’un amateur en quête du nouveau boîtier de ses rêves, comme chacun d’entre nous pourrait être amené à le faire !
Mais assez parlé, je cède la place à Alex pour le premier épisode de sa saga ! ;-)
Emeric
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Pour bien comprendre la problématique du remplacement d’un Nikon D5000, il faut à la fois rappeler ses caractéristiques et les critères qui ont guidé la majorité de ses acquéreurs. Le D5000 était un des premiers appareils grand public de sa génération à proposer des photos de très grande qualité et des vidéos HD (en 720p , pas de full HD). Il faisait donc le pont entre :
- d’un côté le D90, davantage orienté « expert » : boitier plus imposant, viseur plus qualitatif, écran non orientable, réglages plus complets, capteur de 12 megapixels… et la vidéo
- d’un autre côté le D60, davantage orienté « amateur » : boitier plus compact, capteur de 10 M « seulement », viseur peu lumineux, réglages plus basiques…
Il faut préciser que je me suis converti aux Reflex il n’y a pas si longtemps, c’était avec le Nikon D50 en 2006. C’est notamment suite à un voyage au Cambodge où je n’étais équipé que d’un argentique automatique « milieu de gamme » et d’un compact numérique Sony : évidemment la qualité de mes photos ne faisait pas honneur aux merveilles d’Angkor. J’ai alors décidé de ne plus voyager sans avoir un appareil photo digne de ce nom. Je fais donc partie de ces amateurs qui ont découvert récemment le plaisir de la photographie et qui chaque jour essayent de progresser et de maîtriser les possibilités offertes par les Reflex numériques (incluant donc la vidéo). Je pense du coup que mes interrogations actuelles rejoindront celles de beaucoup d’autres amateurs passionnés qui envisagent de faire évoluer prochainement leur équipement.
Plus de 2 ans après sa sortie, le D90 est toujours le chouchou des Nikonistes (sur le milieu de gamme) souhaitant avoir une excellente qualité photo et pouvoir faire occasionnellement de la vidéo. Mais le D5000, plus accessible financièrement, a aussi le mérite d’embarquer un écran orientable, très pratique pour prendre des vidéos dans des situations délicates mais aussi pour protéger l’écran lorsque l’appareil n’est pas utilisé. Il est aussi plus compact puisqu’il reprend le boitier du D60, tout en embarquant l’excellent capteur du D90 : un CMOS de 12,3 megapixels.
Aujourd’hui encore, le D90 comme le D5000 restent d’excellents boitiers, à des prix nettement attractifs (650 euros pour le 1er, 500 euros pour le 2ème, en boitiers nus).
Alors pourquoi changer ?
Toute la problématique est sur la vidéo, et c’est d’ailleurs là-dessus que nous allons concentrer cette série d’articles. Ce qui est valable pour le D5000 est d’ailleurs valable pour :
- le D90 déjà évoqué
- les boitiers concurrents, notamment les Canon 500D ou le plus récent et excellent 550D
Non pas que ces différents boitiers ne fassent pas de la bonne vidéo. Un petit tour sur Vimeo ou YouTube vous permettra de visionner un grand nombre d’excellentes vidéos.
Le point commun de ces boitiers est :
- qu’ils n’embarquent pas d’autofocus en mode vidéo, ce qui oblige à faire une mise au point manuelle : ce qui peut être naturel pour des experts, mais beaucoup moins pour de simples amateurs
- qu’ils ne permettent que la visée « LiveView » c’est-à-dire par l’écran LCD, pas toujours très précis, et pas pratique du tout en conditions très ensoleillées par exemple (à noter d’ailleurs que dans les appareils précédemment cités, seul le D5000 embarque un écran orientable, Canon ne l’ayant pas fait jusqu’au tout nouveau – et assez onéreux – 60D)
Nous assistons en cette fin d’année à l’arrivée d’un grand nombre de nouveaux boitiers avec des capacités vidéos nettement renforcées, notamment l’autofocus et le full HD. Citons entre autres le Canon 60D, le Nikon D7000, le Pentax K5, le Sony Alpha 55… Nous aurons l’occasion de revenir plus en détails dans les articles suivants, mais cela répond déjà partiellement à la question « pourquoi changer ? ».
Un autre élément crucial est l’explosion des appareils hybrides, tant en termes de ventes qu’en termes d’actualités concernant les boitiers, les optiques ou les accessoires. C’est d’ailleurs tout le sujet de ce site hybridcams.fr dédié à cette nouvelle génération d’appareils photo qui proposent des qualités photos et vidéos de très bon niveau tout en se passant des capteurs et mécaniques des Reflex traditionnels (donc boitiers plus compacts et contraintes mécaniques moins fortes).
Le Panasonic GH1 a changé la donne

A ce titre le succès du Panasonic GH1, amplement mérité et largement relayé sur ce site, est parlant. Comment imaginer en effet qu’un appareil doté d’un simple capteur micro 4/3 (annoncé comme voué à disparaitre il n’y a pas si longtemps), d’un faible choix en optiques de qualité (jusqu’à récemment), et d’un viseur électronique loin d’être révolutionnaire, puisse connaitre un tel succès. Et permette (avec aussi ses dérivés comme le G1 et le GF1) à Panasonic d’atteindre au 1er semestre 2010 quasiment 11% de parts de marché sur les appareils à objectifs interchangeables au Japon ?
Le GH1 est en soi une véritable révolution dans le monde des appareils photos, puisque pour la première fois, des caméscopes sont laissés de côté au profit d’un « appareil photo », y compris pour faire de la vidéo professionnelle. Voir par exemple le choix de TV5 monde.
Un élément révélateur est le prix de l’appareil : là où les appareils traditionnels voient assez vite leur tarif de départ baisser de 30%, celui du GH1 reste au dessus des 1200 euros en Kit plus d’1 an et demi après sa sortie (tarif de départ : 1500 euros). Et pour cause, aujourd’hui aucun appareil sur le marché ne s’est imposé comme challenger aussi crédible : la qualité et la réactivité de l’autofocus du GH1 n’avaient pas encore d’équivalent il y a 2 mois, et il semble que son successeur le GH2 (sortie prévue en décembre) soit au moins aussi performant sur ce plan.

Mon choix de remplacer mon D50 par le D5000 début 2009, et non par le GH1 qui allait sortir quelques mois plus tard, se justifiait essentiellement par 2 critères :
- le prix : le GH1 était annoncé 30% à 40% plus cher…
- la confiance : si Panasonic était pour moi un choix incontournable sur les appareils compacts (construits en partenariat avec Leica pour rappel), ils n’étaient pas un acteur crédible sur les Réflex (ou reflex-like)
Avec 1 an et demi de recul, il est maintenant incontestable que les ingénieurs Panasonic méritent qu’on leur fasse confiance sur ce type de boitiers. Il suffit de regarder sur les sites de vidéos ou tout simplement sur ce site hybricams.fr pour avoir rapidement un aperçu de superbes vidéos réalisées avec le GH1. Et si la qualité photo n’est pas tout à fait au niveau des meilleurs réflex de milieu de gamme, il faut quand même chercher la petite bête ;-)
Le vrai plus du GH1 réside non pas tant dans la qualité des vidéos (les D90 et 550D, voire le D5000, rivalisent largement quand ils sont entre des mains averties) mais dans le confort d’utilisation, important quand on cible avant tout des amateurs. La visée sur les « reflex cams » ne se fait que via l’écran (mode « LiveView ») quand celle du GH1 peut se faire via le viseur. Certes celui-ci est numérique mais tout comme pour la photo le cadrage reste beaucoup plus qualitatif. Le paradoxe du GH1, qui n’est pas un Réflex, est d’avoir apporté à la vidéo ce que les Réflex apportent à la photographie par rapport aux appareils compacts. Et le GH1, bien qu’orienté « grand public », propose aussi des contrôles manuels en mode vidéo, ce que ne permettent pas la plupart des Reflex vidéo, même les plus récents.
Autre paradoxe, la visée vidéo ne peut se faire qu’en LiveView alors que son arrivée sur les réflex était perçue au départ comme un sacrilège : à quoi bon s’inspirer des compacts dont la cible n’est autre que des personnes n’ayant aucune compétence en photo ??? Mais ce sacrilège est malheureusement une nécessité puisque la mécanique du Reflex traditionnel empêche de filmer via le viseur : le miroir qui doit se relever pendant que la lumière pénètre dans le capteur vient obturer le viseur, or pendant que l’on filme, il faut bien laisser entrer la lumière sur le capteur, et ce de façon permanente.
A peine la vidéo arrivée sur les Réflex, le GH1 a donc su prendre une bonne longueur d’avance en proposant non seulement un LiveView plus performant que sur les Reflex nouvellement équipés, avec notamment un écran rotatif et une excellente définition, mais aussi la visée électronique. Il aura fallu attendre 1 an ½ pour qu’un concurrent sérieux s’y mette : c’est ce qu’a fait Sony avec ses EVF (Electronic ViewFinder) embarqués sur les tout nouveaux Alpha 33 et Alpha 55. Nous aurons l’occasion d’y revenir.
A la question « pourquoi changer ? » (son D5000, son D90, son 550D …) la réponse est donc simple : parce ce qu’il existe aujourd’hui des alternatives très sérieuses pour faire de la vidéo en full HD avec des autofocus réactifs, et avec une visée au choix via l’écran ou via le viseur. Et qu’au passage les capteurs ont gagné 4 à 8 megapixels selon les modèles, et peuvent largement dépasser les 3200 ISO pour la majorité : très utile en faibles conditions de luminosité, et donc pour la vidéo puisque le Flash ne peut être d’un quelconque secours dans ce cas.

Nous aborderons ces différentes alternatives dans les articles suivants, en étudiant leurs avantages et inconvénients, et en quoi ces alternatives sont en train de remodeler le paysage des boitiers dédiés aux « amateurs passionnés » ou « experts ». Précisons que ces articles n’ont pas vocation à donner un panorama exhaustif des solutions offertes actuellement, mais uniquement des éléments de réflexion sur des boitiers que j’ai pu tester et qui sont les plus emblématiques. Des marques comme Olympus , Pentax ou Sigma sont par exemples à peine évoquées alors qu’elles proposent aussi des alternatives intéressantes, sans parler du haut de gamme avec Leica.












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